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« Hostiles » de Scott Cooper. Critique cinéma

Synopsis: En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, doit escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres. En route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux. Du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus Comanches.

La fiche du film

Le film : "Hostiles"
De : Scott Cooper
Avec : Christian Bale, Rosamund Pike
Sortie le : 14/03/2018
Durée : 133 Minutes
Genre : Western, Drame
Type : Long-métrage
Le film

L’acte de contrition du cinéma yankee est désormais la prière indispensable pour fouler les grands espaces de l’Ouest Américain. Un pardon sempiternel à l’Histoire et au peuple indien qui retrouve dans le western contemporain, son honneur et sa vérité.

La démarche en soi honorable prend cette fois des allures de rédemption. A l’image de ce chemin de croix qu’entreprend le capitaine Blocker afin de conduire sur la terre de ses ancêtres un vieux chef indien, à la veille de sa mort. Le soldat qui n’est pas un tendre a toujours combattu Yellow Hawk dont la cruauté n’est pas une légende.

Les deux hommes se sont haïs, maintenant ils se détestent. Ils vont pourtant devoir se supporter tout au long d’un périple semé d’embûches et de menaces incessantes. La présence d’une bande de Cheyennes fait craindre le pire. Elle vient d’assassiner une famille de blancs dont la seule rescapée, la mère, se place alors sous la protection du capitaine Blocker.

Rosamund Pike, Tanaya Beatty ( la fille du chef indien)

Rosalee Quai est définitivement traumatisée. Le seul regard du fils de Yellow Hawk, rien qu’un gamin, la terrorise. Le sourire de la jeune femme du chef agonisant est une agression. Mais l’heure de la réconciliation a bien sonné. L’entente cordiale va voir le jour, sous la férule du capitaine, à peine ébranlé par tous ces mouvements d’humanité.

Christian Bale, le personnage, est assez étonnant dans sa posture hiératique. Il est monochrome, voire monotone ; aucun signe distinctif ne marque ce visage à tout jamais fermé. La beauté des paysages (des décors naturels véritablement somptueux) conjuguée à la lenteur des événements, le glace constamment. A en devenir ridicule quand le Comanche sort du bois ou que le trappeur se fait menaçant.

Et bien inutile dans ce nouveau western où tout n’est plus que conscience et flagellation. Cette escorte remonte le temps des massacres et des exactions. « C’était ma mission, c’était mon devoir » se défend le soldat devant ce passé abominé qui le hante et le paralyse. « Ça fait longtemps que je porte ce genre de fardeau » confie-t-il encore à sa protégée revenue du chant des ténèbres

Sous le tipi de la réconciliation Rosamund Pike a enfin retrouvé la sérénité. Sa mélancolie attristée demeure le seul témoin de son drame. Elle excelle dans le personnage, l’un des rares à ne pas contredire l’angélisme ambiant d’un récit de plus en plus manichéen.

A trop brasser l’amour et la fraternité sans exutoire possible à tout autre vérité. La condescendance langoureuse de la réalisation fixe les bons sentiments exaltés par un colonel décadent (Stephen Lang) ou débonnaire (Peter Mullan). Mais l’un comme l’autre ne survivront pas à leur personnage. Le western est devenu … intelligent.

La Bible, désormais :

« Une histoire du western » de Louis Stéphane Ulysse

Quelques westerns plus ou moins conformes :

« Utu » de Geoff Murphy

« In a valley of violence » de Tim West

« Fureur Apache » de Robert Aldrich

« Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone (1968)-

 « True Grit » de Joel et Ethan Coen (2010)

« Soldat bleu » de Ralph Nelson (1970)

« Little big man » d’Arthur Penn (1970)

L’acte de contrition du cinéma yankee est désormais la prière indispensable pour fouler les grands espaces de l’Ouest Américain. Un pardon sempiternel à l’Histoire et au peuple indien qui retrouve dans le western contemporain, son honneur et sa vérité. La démarche en soi honorable prend cette fois des allures de rédemption. A l’image de ce chemin de croix qu’entreprend le capitaine Blocker afin de conduire sur la terre de ses ancêtres un vieux chef indien, à la veille de sa mort. Le soldat qui n’est pas un tendre a toujours combattu Yellow Hawk dont la cruauté n’est pas une légende.…
Le film

A force de se flageller et de demander pardon, le cinéma américain tourne son western en panoplie de contrition. Les paysages sont magnifiques (décors naturels, évidemment !), comédiens et comédiennes apprêtés pour le sujet, et la mise en scène langoureuse qui s’accorde à cette mission en rémission pour un soldat devant escorter un chef indien, à la veille de sa mort. Les deux hommes se sont sauvagement combattus et la haine demeure encore dans leur regard quand débute le chemin de croix. Pénitence pour le héros d’autrefois dont la conduite intérieure le mène à un examen de conscience approprié sur ce qu’il l’animait autrefois. Que le cinéma réfléchisse sur cette Histoire cruelle et dévastatrice ne manque pas de panache, mais le faire de manière aussi angélique, voire candide, amenuise la force du propos. Que dire alors du jeu monotone de Christian Bale contrebalancé par l’interprétation assez juste me semble-t-il de Rosamund Pike victime de la barbarie indienne, mais pleine d’une charité chrétienne que le western d’aujourd’hui se charge de mettre en scène.

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