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« Deux moi » de Cédric Klapisch. Critique cinéma

Synopsis: Rémy et Mélanie, trente ans, vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous sur les réseaux sociaux, il peine à faire une rencontre. Victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée …

La fiche du film

Le film : "Deux moi"
De : Cédric Klapisch
Avec : François Civil, Ana Girardot
Sortie le : 11/09/2019
Distribution : StudioCanal
Durée : 110 Minutes
Genre : Drame, Comédie
Type : Long-métrage
Le film

Quand donc vont-ils se rencontrer ?

C’est le sujet du film !

Et comment ? Tout son intérêt !

Par l’entremise d’une musique qui se faufile à travers le vasistas ?  Le chat égaré d’un appartement à l’autre ? Ou chez l’épicier oriental (Simon Abkarian, petit rôle mais beau personnage) qui n’en manque pas une pour vendre le meilleur du plus cher ?

Rémy et Mélanie s’y croisent à plusieurs reprises, mais ne se voient pas. Chacun pourtant cherche son double, voisins sans le savoir.

Mélanie se perd dans les réseaux sociaux dont sa psy évoque les effets néfastes.

Rémy gamberge dans ses angoisses de toujours, porteur de poisse dit-il et sans amour. Son psychothérapeute lui affirme qu’il a droit au bonheur.

Les profils sont parfaitement bien dessinés et Klapisch prend un évident plaisir à en affiner les détails. Pour le couple mais aussi pour tous les personnages qui gravitent dans cette petite sphère parisienne que le cinéaste retrouve comme au temps de sa belle jeunesse.

Un retour de flamme salutaire pour dire comment va le monde aujourd’hui englué dans son économie collective ( les grands distributeurs en prennent pour leur grade ) et sa vie sociale décousue dans une sphère dont les connections ne sont pas forcément les bonnes.

Il est aussi question en filigrane de mixité sociale et l’épicerie de Simon Abkarian provoque de très belles scènes.

Paradoxe joliment relevé dans ses solitudes que colportent Rémy et Mélanie dont les aventures sentimentales parallèles et sans issue les renvoient à des histoires insaisissables. Le passé et particulièrement la famille sont alors mis à contribution dans ces prises de paroles et réflexions que Klapisch déterrent délicatement pour rappeler les petits secrets qui font du mal, les histoires qui vous paralysent.

Une écoute, une observation, un regard, Camille Cottin et François Berléand dans leur cabinet de réflexion tiennent à merveille la clé de voûte de ce bel édifice de cinéma que nos deux compères vont découvrir à leur tour.

Ana Girardot  trop rare sur nos écrans et François Civil fer de lance de la nouvelle génération de comédiens unissent joliment leur talent pour accompagner cette ultra moderne solitude qu’à ce jour le cinéma n’avait peut-être pas aussi bien chanté.

Quand donc vont-ils se rencontrer ? C’est le sujet du film ! Et comment ? Tout son intérêt ! Par l’entremise d’une musique qui se faufile à travers le vasistas ?  Le chat égaré d’un appartement à l’autre ? Ou chez l’épicier oriental (Simon Abkarian, petit rôle mais beau personnage) qui n’en manque pas une pour vendre le meilleur du plus cher ? Rémy et Mélanie s’y croisent à plusieurs reprises, mais ne se voient pas. Chacun pourtant cherche son double, voisins sans le savoir. Mélanie se perd dans les réseaux sociaux dont sa psy évoque les effets néfastes. https://www.youtube.com/watch?v=CaJGJD56aQU Rémy gamberge dans ses angoisses de toujours, porteur…
Le film

Après «  Fête de famille » on pourrait avancer avec «  Deux moi » un nouveau film sur le psychique de nos concitoyens, la donne ici se résumant aux regards d’une psychiatre et d’un psychothérapeute ( à la place des somnifères ) sur le comportement de nos trentenaires. Mais tout en élaborant cette consultation mentale Klapisch retrouve sa prime jeunesse et un allant dans la mise en scène sur laquelle tous ses personnages, des héros aux secondaires, forment une grande famille de cinéma. On a plaisir à les voir et revoir, de l’épicier oriental ( Simon Abkarian ) aux deux psys ( Camille Cottin et François Berléand ) que consultent ce jeune couple de comédiens  parfaits Ana Girardot et François Civil. Comme le sujet du film au milieu de celui de nombreux thèmes filigranes ( économie collective, métissage, réseaux sociaux … ) est celui de l’évidente rencontre entre nos deux héros, celle-ci tarde peut-être un peu à venir et nous fait un brin languir. Mais c’est aussi la force de ce film . On patiente avec beaucoup d’intérêt ( des scènes magnifiques, comme cette fête de Noël entrevue depuis une fenêtre … ) et de plaisir.

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