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« Cornélius, le meunier hurlant » de Yann Le Quellec. Critique cinéma

Synopsis: Un beau jour, un village du bout du monde voit s'installer un mystérieux visiteur, Cornelius Bloom, qui aussitôt se lance dans la construction d'un moulin. D’abord bien accueilli, le nouveau meunier a malheureusement un défaut : toutes les nuits, il hurle à la lune, empêchant les villageois de dormir. Ces derniers n’ont alors plus qu’une idée en tête : le chasser.  Mais Cornelius, soutenu par la belle Carmen, est prêt à tout pour défendre sa liberté et leur amour naissant.

La fiche du film

Le film : "Cornélius, le meunier hurlant"
De : Yann Le Quellec
Avec : Bonaventure Gacon, Anaïs Demoustier
Sortie le : 02/05/2018
Distribution : Ad Vitam
Durée : 107 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
le film

 D’après « Le Meunier hurlant » de l’écrivain finlandais Arto Paasilinna . –

On ne fait plus ce genre de film et pourtant les références au cinéma et à l’art en général le nourrissent. Un joli conte, une légende du soleil portée par la beauté sauvage du paysage où vivent des gens de peu, mais si bien dans le confort de cette nature à laquelle il ne manque rien.

A part peut-être du bon pain, faute de blé et de farine, et d’un meunier bien évidemment. La bonne mère qui doit veiller sur ce village du bout du monde les a entendus. Cornélius venu de nulle part débarque au beau milieu de ce cirque (celui de Navacelles, dans le Larzac) où il entreprend de construire de quoi nourrir tous ces villageois désormais ravis.

Pourtant, la nuit suivante, les voici contrariés par des hurlements inhabituels. Le maire qui se veut bonhomme et rassurant (Kervern s’amuse comme un gosse) assure qu’il s’agit d’un loup. Le vacarme amplifiant, il imagine plusieurs loups. Son futur gendre, Gazagnol, l’épicier pincé du bec (Christophe Paou) pointe tout de suite les effets néfastes de l’arrivée de l’étranger.

Premier coup de semonce d’une histoire qui m’a rappelé à plusieurs reprises celle des frères Grimm (voir « Le joueur de flute » de Jacques Demy) où d’autres personnages de légende se mêlent à la fête. En premier lieu Carmen, la fille du maire promise à l’épicier. Pas très partante pour l’idylle la venue de Cornélius avive son renoncement.

Toute de rouge vêtue (comme le Petit Chaperon Rouge) elle se jette donc dans la gueule du loup avec un bonheur qui désespère son père et toute la communauté inquiète d’entendre leur meunier hurler à la mort. Anaïs Demoustier est joliment installée dans ce personnage qui à l’amour tragique de l’héroïne du père Prosper tente une version bucolique de ses pensées.

Ça fonctionne plus ou moins joliment même si pour un premier film Yann Le Quellec en fait parfois trop. A l’image de son héros qui essuie les plâtres d’un premier et grand rôle au cinéma. Bonaventure Gacon, à l’excentricité hasardeuse réussit cependant à nous entraîner dans son pays imaginaire où Denis Lavant prône une médecine tout aussi délirante.

Et pourtant nous dit le conteur le plus fou n’est bien évidemment pas celui que l’on croit. Entre la prison et l’asile – décorum hallucinant et pratiques tout aussi bestiales-, la morale trouve sa juste mesure et Carmen son tragique destin. Le tambour des gamins du village ne chante plus désormais en cadence.

 D’après « Le Meunier hurlant » de l’écrivain finlandais Arto Paasilinna . - On ne fait plus ce genre de film et pourtant les références au cinéma et à l’art en général le nourrissent. Un joli conte, une légende du soleil portée par la beauté sauvage du paysage où vivent des gens de peu, mais si bien dans le confort de cette nature à laquelle il ne manque rien. A part peut-être du bon pain, faute de blé et de farine, et d’un meunier bien évidemment. La bonne mère qui doit veiller sur ce village du bout du monde les a entendus.…
le film

Conte ou légende, un film comme on n’en fait plus, sur la rêverie et l’imaginaire.Pourtant tout sonne vrai dans cette aventure d’un meunier qu’on aimait et qu’on n’aime plus. La nuit, on ne sait pourquoi, il hurle quelques minutes et puis au petit matin, le moulin reprend la farine. Mais le cycle est trop infernal pour les villageois qui à l’image de ceux de la légende de Grimm chasseront l’étranger. Pour la première fois à l’écran, et dans un grand rôle Bonaventure Gacon, à l’excentricité hasardeuse réussit à nous entraîner dans son pays imaginaire où Denis Lavant prône une médecine tout aussi délirante. Ils en font parfois un peu trop, Yann Le Quellec aussi, mais le ton bonhomme gomme les défauts de jeunesse.

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