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« So long, my song » de Wang Xiaoshuai. Critique cinéma

Synopsis: Au début des années 1980, Liyun et Yaojun forment un couple heureux. Tandis que le régime vient de mettre en place la politique de l’enfant unique, un évènement tragique va bouleverser leur vie. Pendant 40 ans, alors qu’ils tentent de se reconstruire, leur destin va s’entrelacer avec celui de la Chine contemporaine.

La fiche du film

Le film : "So Long, My Son"
De : Wang Xiaoshuai
Avec : Wang Jing-chun, Yong Mei
Sortie le : 03/07/2019
Distribution : Ad Vitam
Durée : 185 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Au problème de la longueur ( 3 h 10 ) s’ajoute celui de la construction . Assez souvent, ce film s’appuie sur des retours en arrière dans un montage accéléré qui perturbe un tantinet le cinéphile que je pensais être. Mais volontaire et têtu, pour revendiquer cet état de fait, je m’accroche à l’édifice de Wang Xiaoshuai, un réalisateur chinois qui à sa façon nous parle ainsi de son pays, de ses avatars, et de ses espoirs.

Au début des années quatre-vingt, l’instauration du contrôle des naissances parait suffisant au pouvoir afin de mener une politique économique et sociale en conformité avec la population grandissante . Ce que deux couples amis entendent appliquer à l’image du pays, sous peine d’amendes et de réprimandes.

Mais quand le fils de l’un d’entre eux décède dans des conditions horribles, sous les yeux du fils de l’autre couple, son meilleur copain, toute une mécanique se grippe dans un système devenu inhumain.

Après le drame et les reproches, les questionnements et les doutes, la culpabilité et le non-dit forgent la trame d’un récit poignant et fertile en événements.

Une bonne partie de l’Histoire de la Chine défile pendant ces quarante ans de vie que les deux couples vont vivre maintenant séparés, tout en conservant des liens ténus, indissociables.

Il y a l’usine, les copains, la cité ouvrière et les bals autorisés, contrairement à la musique américaine que les voisins peuvent entendre ou ces fêtes « dans le noir » qui vous mènent en prison. En se rappelant ce que fut «  la révolution culturelle », ces anciens «  jeunes instruits » s’estiment heureux d’en être là.

C’est peut-être pourquoi Wang Xiaoshuai filme sans frénésie cette histoire à rebours joliment conduite par des acteurs totalement habités par leur personnage.

Et si le destin ne les conduit plus maintenant main dans la main, si l’un demeure humble et sans avenir, quand son ami guigne une direction d’usine, on sent dans le désir du réalisateur un besoin d’humanité que traduit la maman rongée par le remord.

Le même qui tenaille son fils Haohao chirurgien dans un hôpital. La mort de son copain est pour lui aussi un souvenir à jamais gravé dans cette histoire où nous dit-on enfanter est un crime quand l’avenir s’interdit de vous ouvrir les bras. La Chine qui n’arrête pas de « prospérer », demeure encore en cet état. A quel prix, justement !

Au problème de la longueur ( 3 h 10 ) s’ajoute celui de la construction . Assez souvent, ce film s’appuie sur des retours en arrière dans un montage accéléré qui perturbe un tantinet le cinéphile que je pensais être. Mais volontaire et têtu, pour revendiquer cet état de fait, je m’accroche à l’édifice de Wang Xiaoshuai, un réalisateur chinois qui à sa façon nous parle ainsi de son pays, de ses avatars, et de ses espoirs. Au début des années quatre-vingt, l’instauration du contrôle des naissances parait suffisant au pouvoir afin de mener une politique économique et sociale en…
Le film

On ne reviendra pas sur la longueur d’un film qui n’en demandait peut-être pas tant , mais qui au regard de sa maîtrise et de ses interprètes , interpelle joliment certains témoins de l’Histoire de la Chine quand Mao avait encore sa statue érigée sur les grandes places des grandes villes. Les années 80, le début de la régulation des naissances pour la politique de l’enfant unique , décision politique qui va briser le sort de nombreuses familles chinoises. Ici deux d’entre elles se partagent un récit long de 40 années au cours desquelles les destinées vont se séparer tout en demeurant le socle d’une aventure humaine que le réalisateur appelle la plus grande possible. Pour une morale de bon aloi, mais dans cette Chine là où enfanter devient un crime, il en faut une bonne couche pour y survivre. C’est aussi ce que nous dit le réalisateur …

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