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« Mercenaire » de Sacha Wolff. Critique cinéma

Synopsis: Soane, jeune Wallisien, brave l’autorité de son père pour partir jouer au rugby en métropole.  Livré à lui-même à l’autre bout du monde, son odyssée le conduit à devenir un homme dans un univers qui n’offre pas de réussite sans compromission.

La fiche du film

Le film : "Mercenaire"
De : Sacha Wolff
Avec : Toki Pilioko, Iliana Zabeth
Sortie le : 05/10/2016
Distribution : Ad Vitam
Durée : 104 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

La pratique du rugby, les arcanes du sport professionnel, le réalisateur amorce un débat auquel le plus ignare de l’ovalie peut souscrire. Avec un brin de cinéphilie, l’affaire est entendue autour de l’aventure d’un espoir de l’œuf en cuir. Soane le caresse avec détermination dans son île de  Wallis-et-Futuna quand un agent le repère et le monnaie avec un club de l’hexagone.

Avant même que ne s’engagent les tractations, une vision communautaire s’impose autour de rites et de coutumes qui nous sont bien étranges. Comme ce père plus qu’autoritaire, ignoble avec ses enfants, maître absolu qui a droit de vie et de mort, son fusil toujours à ses côtés. On comprend que le départ du fils aîné ne se fera pas sans mal. Il lui interdira de reposer un jour les pieds sur la terre de ses ancêtres.

Soane a bafoué l’autorité suprême, pour la première fois, affranchissement royal vers un monde qu’il ignore. Le jeune homme débarque à Roissy sur une autre planète. L’accueil est plus que glacial. Le jeune homme ne correspond pas tout à fait aux termes du contrat. Le début d’une entourloupe qui va le conduire dans les coulisses du sport de haut niveau où l’argent passe avant le talent et les performances. Ce business qu’il n’imaginait pas un instant, va bien lui pourrir la vie. Les escrocs sont partout …

Son agent wallisien qui ne le lâche pas d’un crampon, le patron du club, exploiteur sans vergogne de la situation précaire de son protégé, et même quelques collègues de terrain xénophobes. Mais le style cannibale dont on l’affuble va peut-être se révéler exact:  la faim s’empare de Saone. Faim de vivre, de liberté et de sport. Il va se battre sur le terrain et en dehors, se battre dans tous les sens du terme que requiert l’expression.

Pour devenir cette gloire locale, façon  « Coup de tête » de Jean-Jacques Annaud. Le même esprit rebelle que l’on tente d’amadouer, puis d’éliminer pour lui faire payer une dette dont il ignore encore quasiment tout. L’ovalie peut devenir une tuerie, un thriller et sa violence qui prend le pas sur la raison. Soane est maintenant le guerrier qu’il refusait d’être sur son île, le nouvel homme d’une mythologie que le cinéaste effleure tout au long de son beau parcours. Lui aussi se révèle à notre attention.

La pratique du rugby, les arcanes du sport professionnel, le réalisateur amorce un débat auquel le plus ignare de l’ovalie peut souscrire. Avec un brin de cinéphilie, l’affaire est entendue autour de l'aventure d’un espoir de l’œuf en cuir. Soane le caresse avec détermination dans son île de  Wallis-et-Futuna quand un agent le repère et le monnaie avec un club de l’hexagone. Avant même que ne s'engagent les tractations, une vision communautaire s’impose autour de rites et de coutumes qui nous sont bien étranges. Comme ce père plus qu’autoritaire, ignoble avec ses enfants, maître absolu qui a droit de vie et de mort,…
Le film

Mélange des genres. Le rugby est un prétexte pour parler de l’identité des hommes, le respect qu’on leur doit, quel que soit leur pays, leur terre d’origine. Celle de Soane, Wallis-et-Futuna, se rattache à des coutumes et des rites qui ont forgé sa personnalité. Se voir offrir un viatique pour l’hexagone forge dans sa communauté un ressentiment à l’égard de cette autre planète. Sans compter celle du sport professionnel que le jeune espoir du ballon ovale découvre avec candeur et naïveté. Tout un processus de révélations va alors se mettre en place pour asseoir la personnalité d’un homme nouveau au sein de cet inattendu thriller sportif .Un premier film qui atteint beaucoup de ses objectifs, avec des acteurs non-professionnels, mais tout à fait conscients eux aussi de l’enjeu de leur prestation. Encore une bonne surprise .

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