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« Les frères Sisters » de Jacques Audiard. Critique cinéma

Synopsis: Charlie et Eli Sisters évoluent dans un monde sauvage. Ils ont du sang sur les mains, mais n'éprouvent aucun état d'âme à tuer. C'est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Eli, lui, ne rêve que d'une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l'Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. 

La fiche du film

Le film : "Les Frères Sisters"
De : Jacques Audiard
Avec : Joaquin Phoenix, John C. Reilly
Sortie le : 19/09/2018
Distribution : UGC Distribution
Durée : 117 Minutes
Genre : Western
Type : Long-métrage
le film

Le début est quand même pénible. En foulant les plaines du Far West, Jacques Audiard pose ses pieds dans l’empreinte des géants. Il observe l’intrusion de ses héros (déjà) sur la tangente. Un braquage qui foire et l’avenir des frères Sisters compromis par leur commanditaire, un certain Commodore, digne héritier des nababs westerniens, comme le fut le Morton de Sergio Leone.

Les frères Sisters prennent donc le large de l’Oregon pour une nouvelle mission : récupérer un quidam qu’un détective leur livrera pieds et poings liés. Le Commodore entend récupérer un bien que l’homme lui aurait dérobé. Eli, le frère ainé dit que c’est folie  de s’en prendre au patron. Charline opine du bonnet sans autre forme de commentaire.

Les frères Sisters sont bien différents. Eli est plutôt raisonnable, Charlie exécrable, surtout quand il a bu. Mais les deux font la paire et régner la terreur sans forcer leur talent. Patrick DeWiit les a ainsi dépeints dans son roman éponyme, quand Audiard leur donne une stature crépusculaire. John C. Reilly et Joaquim Phoenix s’y emploient à merveille, à l’écart de la représentation formelle du cow-boy cinématographique.

Audiard prend ainsi le large et la mesure de ses ambitions. Le goût du mot juste pour Eli, et son interprétation par exemple.

Question de vocabulaire soigneusement reprise par le cinéaste dont la mise en scène s’accorde totalement avec cette vue de l’esprit littéraire. Qui se brûle les doigts, quand tout ce qui brille n’est pas or…

Ou les rebondissements d’une histoire peu commune : le détective (Jake Gyllenhaal) et sa victime (Riz Ahmed) vont déjouer les plans de nos traqueurs maintenant traqués. Un résumé à la hâte qui laisse au spectateur le soin de découvrir de quelle manière Audiard engendre les situations les plus inattendues.

Dans une ruée vers l’or peu commune où la science se mêle de détecter la moindre pépite. Tout l’enjeu de ce décorum dans lequel se fondent d’autres personnages plus ou moins passagers, mais d’une telle présence que leur ombre demeure à jamais portée par l’histoire. Rien que cette Mayfield, formidable patronne de son restaurant, de la ville qui porte son nom et matrone d’une équipe de vauriens dangereux. Rebecca Root endosse la situation. Petit rôle, belle envergure.

  • La Bible :

« Une histoire du western » par Louis- Stéphane Ulysse

  • Quelques westerns plus ou moins conformes :

« Utu » de Geoff Murphy

« In a valley of violence » de Tim West

« Fureur Apache » de Robert Aldrich

« The last movie » de et avec Dennis Hopper

« La vengeance aux deux visages » de et avec Marlon Brando

« Vera Cruz » de Robert Aldrich

« La dernière piste » de Kelly Reichardt

« L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » de Andrew Dominik

« Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone (1968)-

 « True Grit » de Joel et Ethan Coen (2010)

« Soldat bleu » de Ralph Nelson (1970)

« Little big man » d’Arthur Penn (1970)

Le début est quand même pénible. En foulant les plaines du Far West, Jacques Audiard pose ses pieds dans l’empreinte des géants. Il observe l’intrusion de ses héros (déjà) sur la tangente. Un braquage qui foire et l’avenir des frères Sisters compromis par leur commanditaire, un certain Commodore, digne héritier des nababs westerniens, comme le fut le Morton de Sergio Leone. Les frères Sisters prennent donc le large de l’Oregon pour une nouvelle mission : récupérer un quidam qu’un détective leur livrera pieds et poings liés. Le Commodore entend récupérer un bien que l’homme lui aurait dérobé. Eli, le frère ainé dit…
le film

Il est clair qu’en foulant les prairies du western Jacques Audiard fait tout pour échapper aux codes d’un Far West rabâché par le cinéma depuis des décennies. Et pour cela il engendre des personnages typiques avec des costumes qui ne le sont pas. Ces deux héros, déjà frangins, portent une marque bien particulière dans leur tempérament et caractère si différents. Mais pas vraiment opposés quand il s’agit de flinguer à tout va. Sous les ordres d’un commanditaire peu amène et que le duo respecte moyennement. Ce qui au bout du compte fera que les traqueurs seront traqués et le dénouement particulièrement revu à la hausse des ambitions des uns et des autres. Inexpérimenté dans le genre, Jacques Audiard enfourche codes et clichés pour mieux se les approprier et nous faire oublier un décor de soleil couchant. A l’action, il privilégie les personnages et leurs personnalités plus ou moins déviantes.

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