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« Adieu Monsieur Haffmann » de Fred Cavayé . Critique cinéma

Synopsis: Paris 1941. François Mercier est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec sa femme. Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann. Face à l’occupation allemande, les deux hommes concluent un premier accord singulier. Le second le sera encore plus

La fiche du film

Le film : "Adieu Monsieur Haffmann"
De : Fred Cavayé
Avec : Daniel Auteuil, Gilles Lellouche
Sortie le : 12/01/2022
Distribution : Pathé
Durée : 116 Minutes
Genre : Drame, Historique
Type : Long-métrage
Le film
  • D’après la pièce de Jean-Philippe Daguerre
  • Festival du film de Sarlat-Meilleure interprétation pour le jury jeune Sara Giraudeau

D’après la pièce de théâtre éponyme de Jean-Philippe Daguerre

De la scène au grand écran, Fred Cavayé s’inspire de l’œuvre de Jean-Philippe Daguerre, plus qu’il ne l’adapte. Co-scénariste du film le dramaturge apporte au réalisateur des éléments nouveaux dans la construction de l’intrigue, et de la personnalité du jeune employé.

La guerre que l’on ne voit jamais est très présente.

Deux ans après le début des hostilités avec l’Allemagne, François Mercier n’est qu’un modeste ouvrier joaillier auprès du maître Joseph Haffmann. Aussi qu’elle n’est pas sa surprise quand devant l’imminence des arrestations juives, il lui annonce son départ.

Le patron lui cède sa boutique sur un faux contrat de vente, tout à fait authentique. A son retour, tout rentrera dans l’ordre. Blanche, la femme de François peine à parapher l’accord et à investir les lieux, tout juste abandonnés par Mme Haffmann et ses enfants.

Joseph les rejoindra plus tard assure-t-il. Quelques jours de trop. La traque s’est accentuée, le passeur est aux abonnés absents. Le joaillier doit se cacher dans la cave de sa propre boutique, quand au-dessus le plancher résonne des pas de ses nouveaux propriétaires.

D’autres en pareilles circonstances ont joué de la même infortune. Mais au modus vivendi initial, François ajoute une clause supplémentaire. Elle est si particulière, si intime pour son couple, si personnelle pour Joseph que la concorde s’en trouve bouleversée.

Et la mise en scène un brin chamboulée. Plutôt classique et linéaire dans ses premiers ébats, elle saisit au vol la proposition inattendue du mari, presque indécente, pour en faire un élément dramatique dans la marge où les protagonistes évoluent désormais à contre-sens.

Les allers-retours de la cave à l’atelier, de la chambre à la cuisine, rythment une autre histoire, une autre rencontre, quand sonne le glas des ambitions d’un homme de plus en plus détestable. Entre maître et valet se joue maintenant la belle singularité de ce film pour lequel Daniel Auteuil hausse à peine le ton pour donner le meilleur de son personnage.

Gilles Lellouche met tranquillement en lumière ce brave mari d’autrefois qui maintenant hoquette de peur et de frénésie devant sa fortune dévoyée, pour devenir un irréductible salaud.

Entre « ses » deux hommes, si contradictoires, Sara Giraudeau, frêle et retenue conserve la bonne conscience des leçons que cette Histoire-là nous enseigne encore aujourd’hui. Cavayé nous les fait réviser, avec raison. 

D'après la pièce de Jean-Philippe Daguerre Festival du film de Sarlat-Meilleure interprétation pour le jury jeune Sara Giraudeau D’après la pièce de théâtre éponyme de Jean-Philippe Daguerre De la scène au grand écran, Fred Cavayé s’inspire de l’œuvre de Jean-Philippe Daguerre, plus qu’il ne l’adapte. Co-scénariste du film le dramaturge apporte au réalisateur des éléments nouveaux dans la construction de l’intrigue, et de la personnalité du jeune employé. La guerre que l’on ne voit jamais est très présente. Deux ans après le début des hostilités avec l’Allemagne, François Mercier n’est qu’un modeste ouvrier joaillier auprès du maître Joseph Haffmann. Aussi…
Le film

Librement inspiré de la pièce de théâtre « Adieu Monsieur Haffmann » le film relate avec prudence et attention les relations d’un couple François et Blanche, et d’un homme prisonnier de sa propre histoire, dans la cave de sa propre boutique. Joseph Haffmann se cache pour échapper à l’occupant allemand. Sur cette trame déjà délicate, François Mercier surligne la concorde entre les deux hommes d’un trait si particulier, si inattendu qu’il va complètement bouleverser le destin des trois protagonistes. Et celui d’une réalisation libérée de son carcan linéaire pour devenir une véritable intrigue dramatique dans la marge où les protagonistes évoluent alors à contre-sens. C’est une autre histoire, une autre rencontre, que filme le cinéaste, bien au-delà des conventions théâtrales dont il se démarque en compagnie de l’auteur de la pièce Jean-Pierre Daguerre ici co-scénariste. C’est donc avec son assentiment que la structure narrative est largement modifiée. Et que la scénographie s’appuie logiquement sur les ressources du cinéma avec trois comédiens fidèles à cette réalisation.

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